Statue La République
1911
Place Parmentier

En 1910, la municipalité d'Ivry-sur-Seine décide d'installer trois statues dans la ville. Une seule d'entre-elles, La République, subsiste aujourd'hui place Parmentier.

Mobilier urbain

Jules Coutant, député-maire socialiste d'Ivry-sur-Seine, et le conseil municipal font le choix d'acquérir, trois statues pour chacun des quartiers d'Ivry en décembre 1910. Cette résolution a pour objectif "d'embellir la ville" et "d'établir des refuges" pour les passants au milieu de la circulation des premiers véhicules automobiles, des tramways et des bicyclettes utilisées par les ouvriers pour se rendre à l'usine. L'installation de ces statues doit permettre de faire respecter des régles pour circuler et éviter de nombreux accidents.

La République

La statue La République est l'œuvre de Pierre Granet (1843-1910) mort sans savoir qu'elle allait devenir propriété de la ville d'Ivry. Ses amis de la société des "Mussettistes" spécialiste de l'œuvre du poète Alfred de Musset, encouragent Jules Coutant à faire cette acquisition afin d'aider sa veuve en grandes difficultés financières. La statue est posée sur un socle à l'arrière duquel on peut lire le nom des conseillers municipaux élus en 1908 à l'exception de celui d'Achille Lombard qui a été effacé. Ses désaccords avec Jules Coutant sur la liste duquel il a été élu en sont peut-être à l'origine. Médecin, Achille Lombard s'est présenté aux élections législatives de 1910 puis a constitué une liste concurrente au député-maire lors des élections municipales de 1912.

À l'origine, La République tient dans sa main gauche le génie de la Liberté sur la sphère du monde mais il n'en reste plus que le globe. Personnifiée par une femme, la statue est coiffée du bonnet que portaient les romains affranchis de l'Antiquité romaine, le bonnet phrygien -du nom de la Phrygie, territoire situé en Turquie- devenu pendant la Révolution française symbole de liberté et de civisme. La République prend appui sur un faisceau de licteur (officier de la Rome antique) symbolisant l'égalité. Les cheveux dénoués et le sein dénudé offrent l'image d'une République nourricière et progressiste.

Statues dans la ville

La statue Dans la vie, représentée par une femme et son enfant, est l'œuvre du sculpteur Vital Cornu. Elle est installée au Petit-Ivry au carrefour des rues de Choisy (avenue de Verdun), rue du Milieu (rue Pierre et Marie Curie) et rue Hoche puis est transférée dans le square Sacco-et-Vanzetti du Petit-Ivry (square des Alliés). La troisième statue, Le Travail (Egregius Faber), œuvre de Charles Perron, positionnée place Nationale (place Gambetta) dans le quartier ouvrier d'Ivry-Port rend hommage aux travailleurs sous les traits d'un forgeron.

L'achat de ces statues déclenche une polémique qui oblige le conseil municipal à s'expliquer par voie d'affiche sur le coût pour la ville de ses trois oeuvres.

En 1942, le Secrétariat d'État à la production industrielle fait enlever les statues en bronze du Petit-Ivry et d'Ivry-Port pour les faire fondre et récupérer ainsi le métal. Le socle de la statue Le Travail est alors transporté dans le square de l'Insurrection. La République en marbre est laissée sur place.

Statue "La République", place Parmentier, 1915. - Arch. mun. Ivry-sur-Seine.
Statue "Le Travail", Ivry-Port, 1915. - Arch. mun. Ivry-sur-Seine.
Statue "Dans la vie", Petit-Ivry, 1915. - Arch. mun. Ivry-sur-Seine
Jules Coutant, député-maire d'Ivry-sur-Seine, années 1900. - Arch. mun. Ivry-sur-Seine.
Affiche "Les statues", 27 juillet 1911. - Arch. mun. Ivry-sur-Seine.
Lettre de la société les "Mussettistes" à Jules Coutant, 1910. - Arch. Mun. Ivry-sur-Seine.
Thèmes
Quartiers

Bibliographie

Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. D'ombre, de bronze et de marbre. Sculptures en Val-de-Marne 1800-1940. 1999.

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