- Propagande résistante
- Période d’activité : 1940-1942.
- 84 rue Molière
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Mise en ligne en mai 2023, cette fiche a été réalisée grâce au travail des élèves de la classe de 3e5 du collège Henri Wallon d’Ivry-sur-Seine dans le cadre d’un projet pédagogique mené par les Archives municipales d’Ivry. Elle s'appuie sur le fonds de la section spéciale auprès de la cour d'appel de Paris (fonds Z/4) conservé aux Archives nationales et sur les collections des Archives municipales d’Ivry.
Une jeunesse ivryenne
Renée Maillet naît le 7 avril 1922 à Ivry-sur-Seine. Elle est élevée par sa mère Marie, veuve de son époux Armand décédé en 1927, et grandit au 84, rue Molière avec sa sœur aînée, Germaine, et ses quatre frères. Marie est militante au Parti communiste français et Eugène, l’un des frères de Renée est membre des Jeunesses communistes. Avant la Seconde Guerre mondiale et quelques temps après sa sœur, elle adhère à l’Union des Jeunes filles de France, une organisation politique féminine de jeunesse proche du Parti communiste français.
Renée Maillet dans la Résistance
Dès les débuts de l’Occupation, comme d’autres anciennes adhérentes ivryennes de l’Union des jeunes filles de France, Renée Maillet mène des actions de Résistance. Elle participe notamment à des actions de propagande pour la Résistance communiste. Elle diffuse des tracts, colle des affiches dans la rue, peint des slogans antinazis et tape des tracts à la machine à écrire chez Georgette Gosnat.
Le soir du 14 mai 1942, dans le quartier d’Ivry-Port, Renée Maillet distribue des tracts et des papillons de propagande en compagnie de deux camarades sur le boulevard National (actuel boulevard Paul-Vaillant Couturier).
Renée Maillet dans les griffes de la police de Vichy
Les trois jeunes femmes sont alors dénoncées par des passants à un policier du commissariat de Charenton qui se rend sur son lieu de travail. Celui-ci se jette à la poursuite des résistantes. Il réussit à rattraper Germaine Maillet contrairement à ses deux camarades et saisit des exemplaires de documents de propagande ainsi qu’un sac à main. Placée en état d’arrestation, Germaine Maillet est emmenée au commissariat de police d’Ivry. Une perquisition est menée à son domicile par les policiers d’Ivry qui saisissent d’autres documents de propagande. Lors de plusieurs interrogatoires, Renée Maillet ne nie pas participer à des actions pour la résistance communiste mais parvient à ne divulguer aucune information sur ses camarades.
Des tribunaux aux camps d’internement
Renée Maillet est transférée à la brigade spéciale n°1 (BS1)* de la préfecture de police de Paris le 16 mai 1942. Fernand David, chef de la BS1, reprend l’enquête ouverte par les policiers d’Ivry et réinterroge Renée Maillet qui ne divulgue aucune information supplémentaire. Il décide de transmettre la procédure au tribunal de première instance de la Seine devant lequel la résistante ivryenne doit être jugée.
Le 17 mai 1942, Renée Maillet est incarcérée à la prison de la Roquette (Paris, 11earrondissement) en attente de son procès. Le 15 octobre 1942, la considérant coupable de propagande communiste, le tribunal de première instance de la Seine renvoie Renée Maillet devant la section spéciale auprès de la cour d’appel de Paris. Ce tribunal spécial, créé en 1941 par le régime de Vichy pour juger spécifiquement les résistants communistes et anarchistes, la condamne à 1 an de prison et 1200 francs d’amende. En avril 1943, à l’issue de sa peine de prison, Renée Maillet est internée administrativement par les autorités françaises au camp d’internement de la Lande, près de Tours, puis au camp d’internement de la route de Limoges à Poitiers. Elle y rejoint de nombreuses emprisonnées politiques dont plusieurs ivryennes.
* La brigade spéciale n°1 de la Direction des renseignements généraux de la préfecture de police de Paris est une unité de police spécialisée dans la répression de la propagande communiste. Elle est active jusqu’à la Libération (été 1944 pour la région parisienne).
Le temps de la libération
Grâce à l’avancée des troupes alliées en France, Renée Maillet est libérée du camp d’internement de la route de Limoges à Poitiers à la fin de l’été 1944. En septembre 1944, elle retourne à Ivry, chez elle, au 84 rue Molière. Elle s’engage aussitôt dans l’armée française.
Renée Maillet est décédée en 1986.
Témoignage familial
Cette fiche a pu être réalisée grâce au témoignage et aux travaux menés par le fils de Renée Maillet, Jean-Marie Karli, qui, après plusieurs années de recherches, a reconstitué une partie importante du parcours de sa mère durant la Seconde Guerre mondiale.
En 2022, Jean-Marie Karli (scénario) et Raymond Polvé (dessins) ont réalisé la bande dessinée 1943. Le camp de la Lande, « elles avaient un idéal…» qui raconte l’internement de Renée Maillet et ses camarades internées au camp de la Lande.
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Bibliographie
· Sébastien Albertelli, Julien Blanc, Laurent Douzou (dir.), La lutte clandestine en France. Une histoire de la Résistance, 1940-1944, Éditions du Seuil, 2019.
· Emmanuel Bellanger, Ivry banlieue rouge, XXe siècle, Créaphis éditions, 2017.
· Jean-Marc Berlière, Policiers des temps noirs, France 1939-1945, Perrin, 2018.
· Olivier Wieviorka, Histoire de la Résistance (1940-1945), Perrin, 2013.
. Jean-Marie Karli, Raymond Polvé, 1943. Le camp de la Lande, « elles avaient un idéal…», 2022.
État des sources
-Archives nationales (France)
Fonds d’archives de la section spéciale de la cour d’appel de Paris (fonds Z/4) : Z/4/65 dossier 442 et Z/4/138 dossier 347.
-Archives municipales d’Ivry-sur-Seine
Témoignage de Jean-Marie Karli.
Don et prêt d’archives familiales.
Sitographie
https://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/fr/web/guest/home